Service De Chirurgie Cancérologique Gynécologique et du Sein - Professeur Lecuru

Service de Chirurgie Cancérologique Gynécologique et du Sein

Pôle Cancérologie – Spécialités de l'HEGP.
Labellisé par l'APHP «centre expert cancer du sein» et «centre expert en oncologie gynécologique».

chirurgiegynecologique.eu


Cancer de l'ovaire - L'intervention chirurgicale

  • Les stades avancés
    L’objectif de la chirurgie est d’effectuer l’exérèse complète de la maladie. Elle nécessite donc l’ablation des 2 ovaires (avec les trompes), de l’utérus (hystérectomie), de l’épiploon (tissu graisseux, situé près de l’estomac), du péritoine malade (très souvent dans les flancs ou sous le diaphragme), mais également de certaines parties du côlon ou de l’intestin grêle. Les ganglions du petit bassin (ganglions pelviens) et les ganglions abdominaux (ganglions aortico-caves) sont également enlevés.

    Ces interventions ne peuvent être réalisées que par une laparotomie c’est-à-dire une ouverture complète de l’abdomen. Elles sont longues (environ 6 h) et exposent à des risques de complications pendant l’intervention (saignements notamment) mais également après. Un séjour en réanimation chirurgicales ou en soins intensifs chirurgicaux est systématique après l’intervention afin de vérifier l’absence de complications, d’attendre et d’aider à la reprise des fonctions vitales (alimentation, transit, urine, ect…) et de traiter efficacement la douleur.

    Afin de limiter le risque de faire une intervention incomplète, une cœlioscopie est généralement réalisée avant la laparotomie. Cette intervention, effectuée sous anesthésie générale, permets grâce à une caméra, introduite par l’ombilic d’aller explorer le pelvis et l’abdomen et de répertorier les zones saines et les zones atteintes. Elle permet également de faire des prélèvements qui permettent de déterminer le type précis de la tumeur et donc d’adapter le traitement.

    Si le bilan pré opératoire et la cœlioscopie montrent que la maladie peut être enlevée en totalité avec un risque de complication acceptable, on propose de commencer le traitement par l’intervention chirurgicale.
    Inversement si l’étendue de la maladie ou l’état de la patiente ne permet pas une intervention complète ou expose à un risque trop important de complication, on propose de commencer le traitement par une chimiothérapie. L’intervention chirurgicale sera effectuée dans un 2ème temps.
  • Les risques de l’intervention chirurgicale.
    Pendant l’intervention, les risques principaux sont les saignements, les plaies de l’intestin, l’ouverture du diaphragme, etc.…Les transfusions sanguines sont quasi obligatoires.

    Après l’intervention, la récupération nécessite une dizaine de jours d’hospitalisation, pendant lesquels on constate de la fatigue, une reprise du transit et de l’alimentation, des douleurs essentiellement abdominales. Les complications les plus fréquentes sont les hématomes intra abdominaux ou dans la paroi, les infections urinaires ou au niveau de la cicatrice mais également les hémorragies pouvant nécessiter une nouvelle intervention, des péritonites avec également un risque de ré intervention, des pneumothorax, épanchements pleuraux, etc.…..

    Il faut noter que le recours à une équipe entraînée disposant d'un plateau technique complet permet de réduire le risque de complications et d'optimiser la prise en charge.
  • Les stades précoces
    L’exérèse de la tumeur pose généralement peu de problème puisque nécessitant l’ablation d’un ou deux ovaires. D’autres gestes sont cependant nécessaires afin de vérifier que la maladie est bien limitée à l’ovaire. On réalise systématiquement des biopsies du péritoine, l’ablation de l’épiploon (omentectomie), l’ablation des ganglions du petit bassin (ganglions pelviens) et de l’abdomen (ganglions aortico-caves) ainsi que de l’utérus. Ces interventions peuvent être réalisées par laparotomie c’est-à-dire avec l’ouverture large du ventre, mais également par cœlioscopie (petite incision, utilisation d’une caméra et de petits instruments).
  • Traitements conservateurs
    Dans certains cas, très sélectionnés, avec des tumeurs biologiquement peu agressives, chez des femmes jeunes désirant encore une grossesse, il est possible d’effectuer un traitement préservant l’utérus et un ovaire.

    Ces prises en charge, lorsqu’elles sont validées par des équipes entrainées, permettant d’obtenir de bons résultats sur le traitement du cancer et également de bons résultats en termes de grossesse ultérieure. Cette prise en charge ne concerne malheureusement qu’une minorité de patiente.